François Jambou (Team BFR Marée Haute) vient de remporter haut la main la première étape des Sables Les Açores Les Sables en prototype. Une victoire qui lui a été révélée à son passage de ligne cet après-midi à 14h33min 30s (heure française). Sans aucune information météo et sans classement depuis le départ il y a 9 jours, François a géré sa stratégie avec son bon sens de régatier : une réussite !

 

François Jambou (Team BFR Marée Haute) : « Je ne savais pas que j’étais en tête ! Je n’ai reçu aucun classement et aucun bulletin météo… J’ai entendu de temps en temps quelques bribes, des mots « front froid », « 50 nœuds », « premier » mais je ne savais pas si cela me concernait !

J’ai en revanche croisé un plaisancier, qui venait d’Horta justement, à qui j’ai demandé des infos météo, il m’a juste dit « je crois qu’il y a une dépression qui arrive ». Il m’a dit qu’il chargeait un fichier Grib et qu’il me rappelait. Mais je n’ai pas pu entendre ce qu’il me disait lorsqu’il m’a rappelé. 

 

Alors, je me suis dit, s’il y a un front, il faut y aller ! Ce n’est pas tant le vent qui a été dur, j’ai eu jusqu’à 30 – 35 nœuds, mais c’est la mer qui a été très forte. J’ai fait un gros vrac avant le passage de front : j’ai perdu l’aérien, il m’est tombé sur la tête !… Du coup le bateau est parti à l’envers avec tout du mauvais coté… J’ai été projeté dans les filières, mais j’étais attaché, pas de souci. Le palan de quille a cassé…

J’ai mis du temps à m’en remettre. J’ai levé le pied, je me suis mis hors course pendant 3 heures. J’étais à 10 nœuds alors que j’aurais pu être à 15 nœuds et là vraiment, j’aurais fait la différence !

 

Du coup, avant l’arrivée du front j’étais sous trinquette et GV 2 ris : c’est bien passé. Mais j’avais le moral au fond du gouffre parce que je pensais que tout le monde était là, pas loin, en train d’allumer ! J’avais honte de ne pas être au taquet !

 

Et voilà… Je suis premier. C’est dingue ! C’est le scénario idéal, mais il y a une part de chance, parce que si j’avais eu les infos météo qui annonçaient 50 nœuds, je ne serais pas allé au nord. »

 

Une histoire de victoire magique comme il n’en existe qu’en Mini, seule classe de course au large où les skippers sont en autonomie totale, sans lien avec le monde extérieur autrement que part VHF…

 

Une victoire amplement méritée

François n’a pas hésité une seconde à aller attaquer dans le front, et il a fait face, en bon marin lorsque ce fut nécessaire, et en régatier le reste du temps.

Cette longue et épique étape entre Les Sables d’Olonne et Horta aux Açores a révélé un coureur au large habile et tenace : François Jambou, skipper du Team BFR Marée Haute décroche une victoire amplement méritée qui va marquer les esprits. Le skipper brestois vient de prouver qu’il est largement digne de prendre la suite de Ian Lipinski à la barre de ce magique Maximum.

 

Le départ de la deuxième étape, retour sera donné dans tout juste une semaine : le temps pour François de réaliser ce qu’il vient d’accomplir, de réparer son palan, son aérien et d’accueillir les copains !